Biographie du parrain de la promotion et Icône de la Sainte Trinité          
      Promotion E.O.R.  90/08  “ Chef de Bataillon SAVEY ”   Août - Novembre 1990
Jacques-Réginald Savey est né à Brest le 10 octobre 1910. A 26 ans, révérend père dominicain, il part comme missionnaire en Syrie en Haute-Djézireh. Sous-Lieutenant de Réserve, Jacques-Réginald Savey est mobilisé le 28 août 1939 et affecté à un service de renseignement. Pendant l’été de 1940, il hésite deux mois à cause de ses convictions religieuses, sur la conduite à tenir après la signature de cette Armistice, qu’il n’admet pas plus que la politique d’un gouvernement qui renverse les alliances traditionnelles de la France.

Dès le 28 juin 1940, sa décision est prise et il rallie les Forces Françaises Libres à Ismaïlia au Caire. On lui confia d’emblée le commandement d’une compagnie du Premier Bataillon d’Infanterie de Marine, récemment crée. Le 1er BIM, toute première des unités de la France Libre, formé de Français presque tous issus de l’Infanterie Coloniale, est le seul bataillon où Jacques-Réginald Savey a servi. Il prendra l’appellation de BIMAP en octobre 1942 après Bir-Hakeim, et deviendra en 1945 le Premier RIC (Régiment d’Infanterie Coloniale). Ses traditions sont actuellement conservées par le 1er RIMa (Régiment d’Infanterie de Marine) basé à Angoulême.

Héraldique : Écu de fantaisie d’azur à une épée d’argent gardée d’or posée en pal chargée du nom Chef de Bataillon SAVEY en capitales de sable, adextrée d’une croix de la libération sur son ruban, chapée d’une soutane de candide, senestrée du continent africain d’or chargeant trois parallèles de sable, surmontant le bras d’une ancre d’or au bout du même mouvement de l’épée, accompagnée du sigle 1er BIM en chef du millésime 1942 en pointe.

Promu Capitaine en novembre 1940, Jacques-Réginald Savey a participé aux combats en Syrie, en Erythrée, en Cyrénaïque et en Egypte. Lors de la campagne d’Erythrée, à la bataille de Massaoua, en mai 1941, le 1er BIM est cité à l’ordre de l’Armée. La 3ème Compagnie, sous les ordres du Capitaine Savey, a provoqué la reddition de 1943 Italiens.

Nommé à la tête du 1er BIM en juin 1941 après la prise de Damas et promu Chef de Bataillon à cette occasion pour “ services exceptionnels ”, Jacques-Réginald Savey a trouvé une mort glorieuse à la tête de son bataillon lors de la sortie de vive force de Bir-Hakeim le 10 Juin 1942. Il avait 31 ans. La citation décernant, à titre posthume, la Croix de la Libération au Commandant Savey, souligne la valeur morale et militaire exceptionnelle de ce prêtre missionnaire officier de l’Infanterie de Marine, digne héritier de la tradition des croisés de Syrie.

La dépouille du Chef de Bataillon Savey a été rapatriée de Bir-Hakeim en 1946. Le père Savey repose aujourd’hui au cimetière conventuel d’Etiolles avec ses frères de religion.

Source : Album de la promotion E.O.R.  90/08  “Chef de Bataillon SAVEY”   Août - Novembre 1990


Pour rendre hommage à l’état de Dominicain du Chef de Bataillon SAVEY, la promotion offre au Diocèse aux Armées cette
ICÔNE de la SAINTE TRINITÉ
Elle fût réalisée au cours du stage par l’Élève Officier GIRARD
L’ICÔNE FENÊTRE SUR L’ABSOLU.
“ Le corps devient tout visage et le visage devient tout regard. ”
L’icône est à la base, une planche de bois enduite de craie et peinte à la détrempe à l’oeuf. Un vernis vient finalement lier toutes ces couches entres elles.
Faite dans la prière, l’icône demande beaucoup de temps. Deux mois et demi n’auront pas été de trop pour celle-ci, qui mesure 57 cm sur 72 cm.
Comme la majorité des icônes, cette dernière reprend une icône précédente : ici, la célèbre “Trinité de Rublev”, qui date des environs de 1411.
Rublev a utilisé toutes les ressources qu’offraient les canons (couleurs, géométrie) stricts de l’iconographie pour exprimer le Mystère de la Trinité : Dieu un et Trois, Dieu tout à la fois... le Père, le fils et le Saint Esprit.
Le Père, au centre, indique au fils, à droite, la coupe du sacrifice, sous le regard enveloppant du Saint Esprit habillé de vert.
Ce dernier nous fait entrer dans le cercle divin par sa main tendue vers la coupe (don de dieu) et le monde, symbolisé par un rectangle.
Le cercle divin imprime son mouvement à la création, monde végétal et monde minéral. Seule la façade de l’église reste droite, fondée sur le Christ. Les ailes signifient qu’il s’agit d’êtres surnaturels. Ils portent, de plus, le bleu de la vérité.
Destinée à la prière, l’ultime phase de l’écriture du nom sépare à tout jamais l’icône de la simple planche peinte. L’iconographe s’efface alors en ne la signant pas.
Texte publié dans la plaquette de promotion en novembre 1990.

Note de Damien Girard, décembre 2022 : Icône peinte aux Écoles durant ma formation E.O.R., la nuit, dans un bureau qui était attribué à ma promotion, à la lumière électrique.. Sur l’interprétation de qui est dans la Trinité, il existe 2 interprétations intervertissant le Père et le Fils. Dans l’interprétation mise dans la plaquette, le Père est au centre ...mais je n’irai pas dire la même chose aujourd’hui... Je pense depuis longtemps qu'il s’agit du Fils malgré ce qui a été écrit : d’une part à cause des couleurs des vêtements caractéristiques du Christ (tunique rouge et manteau bleu), mais aussi car des icônes postérieures indiquent clairement le Christ en grec : IC XC.

Cette icône, photographiée ici dans la sacristie de la chapelle Saint Paul le 23 avril 2007 - photo ci-dessus
est placée depuis l’été 2022 à l’intérieur de la chapelle à la gauche du Christ de Sarrazin - photo ci-dessous
 

Page créée le 8 décembre 2022 avec le concours et les archives de Damien Girard.