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- Histoire du Camp et des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan -
Camp militaire de Coëtquidan
coëtquidan : (coët, bois et idan, au-dessous)

Situé au Sud de la forêt de Paimpont - Brocéliande, entre la vallée de l’OYON à l’Ouest et la Vallée de l’AFF à l’Est, le camp national militaire présente une superficie de 5253 hectares. Son emprise s’étend sur 6 communes : Guer, Saint-Malo de Beignon, Beignon, Campénéac, Augan et Porcaro.

Son origine remonte à 1873, où un camp temporaire fut installé sur le versant Nord côté St Malo de Beignon ; à l’emplacement de l’actuel magasin d’habillement. En 1878, le camp devient permanent et l’on procède à l’expropriation de 1063 Ha pour construire un champ de tir d’artillerie de 8,2 km de long sur 1,2 km de large (en jaune sur cette carte).

A partir de 1906, et jusqu’en 1912, 4190 nouveaux hectares sont acquis. Le champ de tir d’artillerie initial devient alors camp d’instruction national.

Seul grand terrain de manœuvres de l’ouest, le camp de Coëtquidan accueille de très nombreuses unités. Jusqu’à 12000 soldats en même temps en été. D’importantes constructions sont réalisées sur le versant Nord ; en pierre de schiste rouge pour le camp permanent et en bois pour les baraques logeant les troupes en manœuvres.

Mise à jour : 14 mars 2017    
Montage spécial au 1/25000e d’après cadastre Napoléonien
Assemblage de photos satellite - Bellevue et Coëtquidan
Nouveau : Carte à hachures au 1/25000e de 1848
Blasons des six communes composant le camp militaire
Diaporamas :
Les chevaux à Coëtquidan
Cartes postales d’avant 1930
Balade dans le camp de Coëtquidan
Après la première guerre, de nouvelles constructions, plus confortables, s’étendent sur le versant Sud. En 1927 on compte 545 bâtiments à usage divers. Le camp bâti est divisé en îlots désignés par une lettre. Chaque îlot était organisé pour accueillir un régiment.

A partir de 1930, de belles constructions en pierre de schiste et granit sont réalisées ; le nouvel hôpital (actuellement centre médical), le P.C. du camp ; qui deviendra le P.C. du général commandant les Écoles en 1945 (ce bâtiment a été réceptionné juste avant le 2e conflit mondial, son premier occupant fut en fait la Kommandantur) ; le P.C. des troupes en manœuvres qui deviendra “Musée du souvenir” à partir de 1946, actuellement P.C. du 4e bataillon, etc.

De mai à octobre 1939, le camp accueille des réfugiés espagnols ; ils stationnent au bois du Loup où ils participent à la construction des baraquements en dur.
Du 12 septembre 1939 au 17 juin 1940, le camp est commandé par les Polonais. L’Armée Polonaise s’est en effet reformée à Coëtquidan ; en mars 1940, on dénombre plus de 22.000 soldats dans la région.


Bivouac de tentes marabout, près des châteaux d’eau

Carte du camp de Coëtquidan au 1/50000e
Déplacer la souris sur la carte pour zoomer !

Photo aérienne du camp bâti (1998)

Ancien P.C. du général commandant les Écoles

L’Etat-Major actuel des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan
De juin 1940 à juin 1944, le camp est sous occupation allemande (voir : Les Otages de Coëtquidan) ; - les allemands étaient déjà venus à Coëtquidan, mais en tant que prisonniers, de 1914 à 1917 -, leur camp était situé à l’emplacement de l’actuel centre médical. De juillet à décembre 1944 ce sont les F.F.I. qui y stationnent.

Enfin, pour clore cette période troublée, de janvier à juin 1945 ce sont les américains qui s’en emparent. Ces derniers s’étaient déjà implantés sur le camp pendant la 1re guerre mondiale, du 15 août 1917 au 30 juin 1919. Durant ces deux années, les américains en avaient considérablement modernisé l’infrastructure ; notamment le réseau d’eau potable et la gare ferroviaire de Guer.

En juillet 1945, sur les instances du général de Lattre de Tassigny, l’E.M.I.A., (École unique de formation réunissant les saint-cyriens et leurs camarades issus des corps de troupe) qui s’était établie à CHERCHELL -Algérie- pendant la guerre ; s’installe dans la lande bretonne. En effet l’École de Saint-Cyr, près de Versailles, ayant été bombardée le 23 juillet 1944, ne pouvait plus accueillir la formation des officiers.

Les premières promotions s’installèrent dans des bâtiments en très mauvais état, sur 4 îlots du versant Sud. Ils y restèrent jusqu’en 1955, date de livraison des nouveaux bâtiments construits pour les élèves, situés à l’îlot T. A leur départ, ce sont les appelés des Unités de Soutien qui l’occupèrent ; maintenant il sert aux troupes de passage.

Le 23 mai 1947, l’École prend le nom d’École Spéciale Militaire Interarmes ( E.S.M.I.A. ).

Le 13 décembre 1961, l’E.S.M.I.A. est supprimée. Elle donne naissance à deux écoles distinctes : l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr ( E.S.M. ) élèves de recrutement direct, et l’École Militaire Interarmes ( E.M.I.A.) élèves issus des corps de troupe.

En 1962 débute la construction de la nouvelle École ; immense et moderne complexe où sont réalisés les bâtiments “Vie, Commandement et soutien, Enseignement académique, Instruction militaire et Infrastructures sportives”. Le chantier dura 7 ans. Les nouveaux locaux furent progressivement occupés dès la rentrée de 1965 et l’inauguration officielle eut lieu au cours du triomphe de 1969, le 27 juillet.

 La Chapelle Saint-PAUL avait été inaugurée le 28 avril 1969.
Le 3 juillet 1967, un 3e bataillon est ajouté à l’E.S.M. : le Bataillon E.O.R. d’Infanterie. Chargé de former les Élèves Officiers de Réserve issus du contingent, il deviendra 4e bataillon en 1982, lors du passage de la scolarité de l’E.S.M. à 3 ans. Depuis le 4 juillet 2000, ce bataillon forme les Officiers Sous Contrat, Encadrement et Spécialistes (O.S.C. E/S).
Installé sur l’îlot C dans des locaux rénovés, il se situe en face l’ancien Marchfeld.

Le 1er août 1977, une nouvelle école s’installe à Coëtquidan : l’École Militaire du Corps Technique et Administratif (E.M.C.T.A.). Elle forme des officiers spécialistes de l’administration et de la gestion de l’armée de terre.

En 2004 débute la rénovation et l’extension des bâtiments “Vie” des élèves et la construction d’un nouveau P.C. des formations. En 60 ans, les élèves auront donc vécu par chambrées de 24 en 1945 dans des baraquements ; puis de 12 en 1955 dans l’îlot T. En 1965 dans les nouveaux peignes, ils furent d’abord logés par box de 4, puis après réaménagement en 1984, en chambre de 2.
Enfin dès 2006, après de nouvelles restructurations, les officiers élèves logent en studios individuels.

Le 1er août 2010, l’École Militaire Supérieure d’Administration et du Management (E.M.S.A.M.), venant de Montpellier, emménage à Coëtquidan. Elle fusionne avec l’E.M.C.T.A. pour donner naissance à une nouvelle entité : l’École d’Administration Militaire (E.A.M.). La scolarité est de deux ans ; formation initiale et formation de spécialité.
- L’École d’Administration Militaire (E.A.M.) a été dissoute le samedi 20 juillet 2013, au cours des cérémonies nocturnes du Triomphe. Cette fermeture, conjointe avec celles de l’École des Commissaires de la Marine et de l’École d’Administration de l’Armée de l’Air, donnera naissance à l’École des Commissaires des Armées à Salon de Provence.
Cependant, le formation initiale militaire des commissaires de l’armée de terre et des officiers du C.T.A. et du S.E.A., ainsi que leur formation dans la spécialité R.H., continueront d’être assurées aux E.S.C.C..

L’été 2010 a vu également une refonte générale du soutien du camp et des écoles militaires ; mutualisation des moyens oblige, la Base de Défense Vannes-Coëtquidan (B.d.D.) et le Groupement de Soutien (G.S.B.d.D.) ont été créés. Ils assurent le soutien des Écoles, du 3e R.I.M.A. de Vannes et de nombres d’organismes implantés sur leur territoire.
Le 6 octobre 2010, le Centre de Formation Initiale des Militaires du rang (C.F.I.M. 9), de la 9e B.L.B.Ma. basée à Poitiers, est venu s’implanter sur le site des écoles. Il assure la formation générale initiale des jeunes engagés pendant 3 mois après leur incorporation. L’encadrement est assuré par le 3e R.I.M.A..

1906 - 2011 ; 105 années se sont écoulées depuis l’extension du camp d’artillerie. La simple évocation de cette période suscite encore aujourd’hui, des réactions toujours passionnées. Cependant les données économiques et démographiques locales ont beaucoup changé en un siècle ; surtout depuis la construction de la voie rapide. Certaines parcelles, excentrées par son tracé au Sud, mais aussi d’autres situées à l’Est du camp, intéressent beaucoup les communes limitrophes..
Plus de cent ans après, le camp amorcerait-il une réduction de son format ?

En conséquence, les armées devront-elles de nouveau attendre la fin des moissons pour louer des terrains d’exercices, comme le faisait le Duc de Nemours en 1843, quand il venait manœuvrer avec ses troupes sur les coteaux du THÉLIN ?
Ou bien préservera-t-on l’acquis dont la justification n’était autre que la cuisante défaite de 1870, due en grande partie à l’insuffisance de la préparation de l’armée du second empire ? L’avenir le dira !.

Telles sont, brièvement résumées, les cent trente huit années d’histoire des landes de Coët-Idan ; devenues champ de tir, terrain de manœuvre puis Écoles de formation des officiers de l’armée de terre.


Les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (E.S.C.C.) Toutes les informations sur la scolarité ?
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Le Musée du Souvenir

C’est au cœur des Écoles de formation que l’on découvre le musée, sur la droite de la cour d’honneur. Inauguré le 23 juillet 1967, il évoque l’histoire des Écoles et des officiers de l’ancien régime à nos jours, et retrace dans leurs époques, le destin de ceux qui en sont issus. Il succède à un musée provisoire implanté dans l’ancienne école lors de l’arrivée de l’E.S.M.I.A. et dont l’inauguration eut lieu le 29 juillet 1947.(1)

Il présente une collection de 9300 objets liés à l’histoire des officiers ainsi que de nombreuses oeuvres de peintres militaires, des armes orientales et de magnifiques bronzes en rapport avec l’histoire militaire de notre pays.

Symbole du musée, on trouve dans le hall d’entrée une immense statue “La France” réalisée par Antoine Bourdelle en 1925. Elle devait être érigée pour commémorer l’intervention américaine en 1917. Le projet n’aboutit pas et la réduction de la statue fut dressée à Alger. Dynamitée par l’O.A.S. en 1961, rapportée en 1962 et restaurée aux frais de la famille Bourdelle, elle a été offerte aux Écoles en 1967.

Elle est installée devant le drapeau national ; rappelant ainsi que les officiers ne servent pas un régime mais la France. Au pied de la statue “La flamme du Souvenir”. (survolez l’image avec la souris pour découvrir): le bronze “la Marseillaise” vu de l’étage.

Flyer “ Musée du Souvenir ” .pdf :   Cliquer ici !       et ici !

En venant à Coëtquidan, que ce soit dans le camp bâti ou bien encore dans le camp de manœuvre (partie sud uniquement), le visiteur ne manquera pas d’apercevoir de nombreux monuments, stèles, bustes ou statues ; sur les pelouses, à des carrefours, dans les bâtiments ou bien encore dans des endroits plus insolites.

Ces oeuvres représentent le plus souvent les grands hommes de notre histoire militaire ; mais d’autres marquent le passage en ces lieux des différentes promotions d’élèves. Beaucoup proviennent de l’ancienne école de Saint-Cyr ; elles ont été rapportées pour la plupart en 1947, date de création du musée du souvenir, mais une autre partie a été ramenée d’Algérie en 1962, comme la stèle Charles de Foucauld par exemple.

Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces œuvres avec leur photographie et un commentaire sur leur histoire en visitant les pages interactives :  Stèles du camp Bâti   et   Monuments du Camp national, sur ce même site.

(1) Lors des bombardements alliés de 1944, le 1er musée du souvenir implanté dans l’ancienne chapelle Saint Louis de Saint-Cyr l’École (inauguré le 24 juillet 1912) est détruit. Une grande partie des collections a été exhumée des ruines et a rejoint Coëtquidan. Ces objets ont pris place dans un bâtiment qui sert actuellement de P.C. au 4e bataillon.

Entrée principale Est, côté BELLEVUE Entrée Nord, côté BEIGNON sur le C.D. 724
Quelques points remarquables du camp national
Le vieil étang, situé en-dessous de celui de la Prée neuve Le coq de la grande bosse, altitude : 187m
Le château du Bois du loup

Aujourd’hui en ruines, le château du Bois du Loup est la propriété de l’Etat depuis le 1er juin 1911. Il avait été construit de 1871 à 1874 par le comte Roland des Clos de la Fonchais. Les travaux avaient commencé 2 ans avant le début de l’installation du camp militaire. Sa veuve, née Blanche le Mintier de Léhélec, y est décédée le 24 décembre 1910 ; l’année même de son expropriation.

Ce château a été habité et entretenu par l’autorité militaire française de juin 1911 à juin 1940. Pendant l’occupation, jusqu’en juin 1944, les allemands délaissèrent le château ; ils manœuvraient surtout alentours.
De janvier à juin 1945, ce sont les américains qui séjournent à Coëtquidan ; le château leur servit de cible pour leurs exercices de tir, il fut partiellement démoli. Sa reconstruction n’a jamais été envisagée..

Le château et sa chapelle ; années 1890 ...Suite page spéciale Bois du Loup : Cliquer !
La Légende de Saint Couturier
Vers l’an 1484, à l’époque de la ligue des seigneurs bretons contre Landais, le favori du duc Francois 1er, un gentilhomme, que l’on prétend avoir appartenu à la famille Harscouët, vint, pour sauver sa tête, se réfugier dans le rocher de la vallée de Roherman. Là, il vécut en anachorète, ne se nourrissant que de racines et ne buvant que de l’eau du ruisseau.

Comme on le voyait souvent, assis à l’entrée de sa grotte, recousant ou rapiéçant ses vêtements, on le surnomma « le saint couturier ». Puis, à sa mort, ou à sa disparition, le creux du rocher qui lui avait servi d’ermitage devint un lieu de pèlerinage, où l’on plaça une petite statuette en bois peint. Ce lieu fut surtout fréquenté pour solliciter la guérison des fièvres et par les jeunes filles à marier, qui enfonçaient des épingles dans les parois du rocher de la grotte, afin d’obtenir de trouver dans l’année un épouseur.

Une des grand’tantes du Marquis de BELLEVUE a souvent raconté qu’au printemps de 1837, elle avait piqué dans la grotte de Saint-Couturier trois épingles ; l’une était petite, l’autre longue, la troisième se tordit en pénétrant dans la fente du rocher. Or, dans cette même année, la main de celle qui craignait de voir sur ses cheveux blonds la coiffe redoutée de Sainte-Catherine, fut demandée par trois prétendants : un petit, un grand et un bossu...


Rappel : L’accès au camp militaire de Coëtquidan, est réglementé !             Panneau d’avertissement : clic !
Photographies, textes et réalisation Web de l’ensemble du site :   Jean-Charles CAILLARD   - Droits révervés - Contact en page d’accueil

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