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L’Armée Polonaise à Coëtquidan : 12 septembre 1939 - 18 juin 1940
Page créée en 2006 - Dernière mise à jour : 31 mai 2022
Le 1er septembre 1939, Varsovie est bombardée et les Panzerdivisonen (Divisions blindées allemandes) entrent en Pologne. Le 3 septembre, la France déclare la guerre à l’Allemagne et la mobilisation générale est décrétée. Trois semaines plus tard, la Pologne capitule. Le pays est partagé entre la Russie et l’Allemagne. Le gouvernement et l’armée fuient et se réfugient dans toute l’Europe, notamment en Roumanie.

Il y avait en France en 1939, environ 500.000 polonais à avoir gardé leur nationalité; 130.000 étaient mobilisables, 50.000 le furent réellement. Le 30 septembre 1939, Wladyslaw Raczkiewcz nouveau président Polonais, prête serment à l’ambassade polonaise à Paris. Il nomme le général Wladyslaw Sikorski, généralissime de l’armée polonaise.

 

Le 9 septembre 1939, l’ambassadeur de Pologne J. Lukasiewicz et le ministre des affaires étrangères français G. Bonnet, avaient signé une entente sur la formation d’une division polonaise en France ; entente corroborée par un décret d’application du 21 septembre 1939.

Le camp de Coëtquidan en 1939 ; au premier plan l’actuel quartier Donatien Bellion qui, une fois reconstruit devint, de
1955 à 1967, la "zone vie" des élèves Saint-Cyriens

Le camp de Coëtquidan, libre à l’époque, a été remis aux autorités polonaises le 12 septembre 1939 pour former cette première division. Il fut commandé d’abord par le général J. Ferek-Bleszinski, puis par le général Bronislaw Duch qui commanda la première division de Grenadiers, et le général Stanislaw Maczeck qui y forma la dixième brigade de cavalerie Blindée.

Initialement prévu pour la formation d’une division, le camp de Coëtquidan vit bientôt affluer de très nombreux polonais. Les premiers groupes de volontaires arrivent le 20 septembre 1939. Ils atteignent le chiffre impressionnant de 22.029 le 11 mars 1940 (1.894 officiers, 2.557 sous-officiers et 17.578 hommes de troupe).

Bientôt le camp ne fut pas assez grand pour accueillir toutes ces unités. Fin novembre, cinq régiments ont été répartis dans la région ; Guer, Plélan le grand, Mauron, Beignon -artillerie légère-, Augan -artillerie lourde-, Comblessac. La deuxième division, elle, partit pour la région de Parthenay.

Septembre 1939, les soldats polonais accueillis par la population, arrivent à Coëtquidan. Ici l’entrée de Bellevue.

L’armée polonaise, reformée à Coëtquidan, a largement participé à la défense de la France.

La première fut la Brigade Autonome de Chasseurs de Podhale sous les ordres du général Zigmunt Bohusz-Szyszko (cette brigade d’environ 5000 h, regroupée à Malestroit, quitta ses cantonnements le 15 avril 1940. Elle embarqua à Brest pour intervenir en Norvège).
La deuxième a été la 1re Division de Grenadiers, son chef était le général Bronislaw Duch ; puis la 2e Division de chasseurs à pied commandée par le général Bronislaw Prugar-Ketling ; la 3e Division d’infanterie et enfin la 10e Brigade de Cavalerie Blindée du général Stanislaw Maczeck.

Ci-contre : rassemblement matinal

Toutes ces unités furent dissoutes après l’invasion allemande. La ville de Rennes fut occupée le 18 juin 1940, et le camp de Coëtquidan peu après. Les soldats polonais ont rejoint la Grande-Bretagne, via l’Afrique du Nord ; où d’autres unités furent reconstituées. Elles participèrent au débarquement en Normandie.
Formation des soldats Polonais, ici l’instruction du tir.
Défilé des troupes polonaises dans le camp de Coëtquidan
Photos N&B : B. WYSOCKI, dont le père Kazimierz Wisocki fut incorporé à Coëtquidan en décembre 1939

Les Polonais à Guer : au centre le général Sikorski (médaillon), sur le perron Est de Coëtbo (photo : collection privée, repro. interdite)
Le général Wladislaw SIKORSKI haranguant les troupes polonaises stationnées à GUER et dans les environs le 25 décembre 1939, depuis le perron Est du château de Coëtbo dont la façade avait été décorée aux couleurs de la pologne.
Le général Sikorski est alors chef du gouvernement polonais en exil et chef des armées. Il avait à ce titre la responsabilité de reformer l’armée polonaise en France. Cette fête de Noël 1939, pour ces polonais catholiques venus de tous les coins du monde, a été célébrée avec une grande ferveur.
Un fort détachement de soldats polonais était également logé au château ; précisément au premier étage de l’aile sud, juste au-dessus du logement du régisseur.     (survolez l’image avec la souris pour le découvrir ; là ou il y a les 5 fenêtres)

Le monument, orné de l’aigle Polonais, sur le site du Bois du Loup
Un monument commémoratif a été érigé à l’entrée de la zone de bivouac du Bois du Loup. Inauguré le jeudi 15 mai 1997, il rappelle l’ouverture en 1939 du camp mobilisateur de l’armée polonaise.
W COËTQUIDAN
DWUKROTNIE FORMOWALY SIE
WIELKIE JEDNOSTKI
WOJSKA POLSKIEGO
W LATACH 1917-1918 i 1939-1940
CHWALA ZOLNIERZOM POLSKIM
WALCZACYM | GINACYM
ZA WOLNOSC
FRANCJI | POLSKI
A COËTQUIDAN
L’ARMÉE POLONAISE
S’EST FORMÉE DANS LES ANNÉES
1917-1918 ET 1939-1940
GLOIRE AUX SOLDATS POLONAIS
QUI ONT COMBATTU ET PÉRI
POUR LA LIBERTÉ
DE LA FRANCE ET DE LA POLOGNE
Ci-dessus, le texte (en polonais), gravé sur la plaque Ci-dessus, le texte (en français), gravé sur la plaque

Les forces militaires polonaises n’ont pas seulement participé à la défense de la France en 1940, mais également à sa Libération en 1944. La plus célèbre unité, alors, fut la 1re Division Blindée du Général Stanislaw Maczek (photo ci-contre).

Formée en Écosse sur ordre du Généralissime le 25.02.1942, elle a débarqué en Normandie le 29.07.1944 à Arromanches et Courseulles-sur-Mer. Elle faisait partie du 2e Corps d’Armée Canadien.

La Division comptait environ 15.000 soldats, et dans la bataille de Falaise, terminée le 22.08.1944 elle avait perdu 2.327 soldats mais pris 5.700 prisonniers allemands.

Après la bataille, le maréchal Montgomery a dit : Les Allemands ont été poussés dans une bouteille à laquelle vous avez mis le bouchon”.

La 1re Division Blindée a ensuite prit part à la libération des villes en Belgique et Hollande, notamment de la ville hollandaise de Breda.

Le Général est mort en Écosse le 11.12.1994 à l’âge de 102 ans, et a été inhumé à Breda auprès de ses soldats.


La Vierge noire de CZESTOCHOWA

Nous l’avons vu, les polonais étaient si nombreux à Coëtquidan que le camp ne pouvait pas tous les accueillir et nombre d’entre eux avaient été répartis dans les communes alentours.

Une de ces unités : la 11e compagnie d’Élèves Officiers Polonais, était stationnée à Comblessac, en Ille et Vilaine, à 4 km de Guer.
Celle-ci, bien intégrée, s’est particulièrement distinguée en réalisant un tableau représentant la Vierge noire de Czestochowa (reproduction de celui se trouvant sur la montagne de JASNA GORA en Pologne).

Cette compagnie polonaise, comptait dans ses rangs un peintre spécialisé dans l’art religieux qui s’appelait Stanislas MIKULA. Ce dernier eut la grande idée de réaliser et d’offrir au village de Comblessac une belle icône toute “étincelante de perles, de diamants, de rubis et d’émeraudes..”

Cette peinture, encore en place dans le chœur de l’église de Comblessac, fut apportée solennellement par toute la compagnie en mars 1940. Elle est toujours l’objet d’une grande vénération ; notamment des polonais venant à Ploërmel à l’occasion des échanges bilatéraux. Cette ville est en effet jumelée avec la ville polonaise de Kolbuszowa située dans les basses Carpates.

Tableau peint par Stanislas (Staszek) MIKULA, en février mars 1940
en place dans le chœur de l’église de Comblessac (Ille et Vilaine - France)

Déplacer la souris sur la photo pour zoomer sur le tableau !

Voici le texte -traduit en français-, écrit en polonais par Ksawery PRUSZYNSKI (caporal-aspirant à l’époque et journaliste-écrivain de métier), au revers du tableau :

“ En l’an de grâce 1939, quand la Pologne toujours fidèle à ses engagements, ses alliés et son honneur, fut broyée dans une lutte inégale par l’envahisseur allemand, en France une armée polonaise se reconstitua.
  Au printemps 1940, avant de partir pour le front, elle offrit à Comblessac une image de la Vierge de Czestochowa, reine et protectrice de la Pologne, peinte par l’un des siens pour témoigner aux habitants toute leur gratitude et pour que la Vierge vous garde ”.
  Texte original et biographie de Ksawery PRUSZYNSKI - Collection privée. Cliquez !

Dans un livre écrit à Londres en 1943, où il raconte son séjour en Bretagne, Ksawery Pruszynski avait renommé la Madone de Czestochowa offerte à Comblessac en : “Madonna Mikulinska” pour honorer celui qui l’a peinte : Staszek MIKULA.

L’aigle polonais est représenté sous la première lettre K. REINE COURONNÉE DE LA POLOGNE
PRIEZ POUR NOUS
Le chœur de l’église de Comblessac avec à sa gauche le tableau de la Vierge de CZESTOCHOWA
(survolez l’image avec la souris pour découvrir une autre vue de l’intérieur de l’église)

Lundi 20 octobre 2014 - 18 h 30 - Vernissage de l’exposition   “Pour votre et notre liberté”
Présidé par le général Antoine Windeck, commandant les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et la base de défense Vannes-Coëtquidan et par M. Michel Dorin, consul honoraire de Pologne et président de l’association Bretagne Pologne, s’est tenu au musée de souvenir des Écoles et en présence d’anciens et témoins de cette époque, le vernissage de l’exposition “Pour votre et notre liberté”. Elle retrace en 27 panneaux très bien illustrés et documentés, le parcours de “L’armée polonaise en France pendant la seconde guerre mondiale”.
La présentation de l’exposition était précédée d’une conférence donnée par Mme Alexandra Viatteau (Université de Paris II - Panthéon-Assas) sur le thème “Coëtquidan 1940, une mission franco-polonaise dans un contexte dramatique”

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